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dimanche 11 septembre 2016

[Film] Juste la fin du monde de Xavier Dolan

Franco-canadien - 1h35
Date de sortie française : 21 septembre 2016
Avec : Vincent Cassel, Marion Cotillard, Gaspard Ulliel

Après douze ans d'absence, un écrivain retourne dans son village natal pour annoncer à sa famille sa mort prochaine. Ce sont les retrouvailles avec le cercle familial où l'on se dit l'amour que l'on se porte à travers les éternelles querelles, et où l'on dit malgré nous les rancoeurs qui parlent au nom du doute et de la solitude. 
(Source : Allociné)


17/20

Les lumières s'éteignent, le film débute. Scène d'introduction : le ton est immédiatement donné, nous voilà embarqué dans cette entrée en matière qui intrigue, fascine déjà et rappelle aux gens, s'ils l'avaient oublié, pourquoi Xavier Dolan est un grand réalisateur.


Les minutes défilent et décidément, il n'y a pas de doute : on est bien devant un film de Xavier Dolan. Des cadrages et plans rapprochés sur les mains ou les visages de ses personnages, en passant par ces détails chargés de sens et captés par la caméra au détour de rien ou encore par le jeu des regards, des silence et l'utilisation de la musique si propre au réalisateur... On assiste à ce que le jeune québécois sait faire de mieux.


On se retrouve pris au piège dans ce huis-clos familial qui n'est jamais vraiment situé, ni dans le temps, ni dans l'espace. Prenant pour scène principale une maison de famille ou des habitacles de voitures le temps d'un trajet,  l'atmosphère du film, à l'image de sa quasi unité de lieu, finit par étouffer. L'attente de l'annonce de la mort prochaine du protagoniste pèse sur les épaules de celui-ci de la même façon dont elle pèse sur les épaules du spectateur. On s'enlise dans cette atmosphère lourde et caniculaire sur laquelle on sent tout le poids de la mort, de l'absence, des regrets et de l'incompréhension qui flotte entre les personnages.
Le ton est cynique, semble parfois détaché lorsque apparaissent les interludes musicales sous forme de souvenirs, de flash-back qui ouvrent des parenthèses dans lesquelles reprendre son souffle. Le temps d'un instant seulement car la gravité de la situation reprend vite le dessus. Xavier Dolan joue habilement avec cette atmosphère changeante, électrique, qui rend les personnages à fleur de peau et captive les spectateurs autant qu'elle les dérange.  


Dérangeant car il est parfois très gênant de voir cette famille se livrer, s'ouvrir à nous, de se faire voyeur de ce microcosme familiale déjà craquelé et, sûrement, au bord de l'implosion. Pour incarner les membres de ce groupe un peu casse-gueule qui se noie dans la rancœur, dans les non-dits et l'incompréhension, on retrouve un casting composé d'acteurs totalement français pour une fois et pas n'importe quels acteurs. Vincent Cassel, Marion Cotillard, Gaspard Ulliel, Nathalie Baye et Léa Seydoux... qu'on les apprécie ou non, il faut reconnaître que chacun est excellent dans son rôle et dans la névrose de son personnage.


Avec ce huis-clos court mais dense adapté de la pièce de théâtre du même nom de Jean-Luc Lagarce, Xavier Dolan nous offre un nouveau tour de force. On passe du rire à la consternation, on baigne dans la nostalgie et le malaise. Avec son atmosphère extrêmement bien maîtrisée et son casting impressionnant, on retrouve les ingrédients qui font des films de Xavier Dolan des tableaux profonds, captivants et habilement travaillés.





mercredi 31 août 2016

[Film] Ma vie de Courgette de Claude Barras

1h06 - Franco-suisse
Année : 2016
Date de sortie française : 19 octobre 2016
Avec les voix de : Gaspard Schlatter, Sixtine Murat, Paulin Jaccoud

Courgette n’a rien d’un légume, c’est un vaillant petit garçon. Il croit qu’il est seul au monde quand il perd sa mère. Mais c’est sans compter sur les rencontres qu’il va faire dans sa nouvelle vie au foyer pour enfants. Simon, Ahmed, Jujube, Alice et Béatrice : ils ont tous leurs histoires et elles sont aussi dures qu’ils sont tendres. Et puis il y a cette fille, Camille. Quand on a 10 ans, avoir une bande de copains, tomber amoureux, il y en a des choses à découvrir et à apprendre. Et pourquoi pas même, être heureux. 
(Source : Allociné)

16/20

Le Stop motion a la côte ces derniers temps, c'est un procédé qu'on retrouve de plus en plus souvent en animation, qui s'adapte à toutes les sauces (de la comédie au drame en passant par la jeunesse) et qui me plaît de plus en plus pour la diversité des styles et mises en scène qu'il permet. C'est donc très enthousiaste que, jeudi dernier, je suis allée faire la connaissance de Courgette et de son réalisateur Claude Barras...


Adapté du roman Autobiographie d'une Courgette de Gilles Paris, Ma vie de Courgette raconte l'histoire touchante d'un jeune garçon tout juste orphelin qui découvre la vie en foyer, l'amitié et ses premiers émois. On se retrouve immédiatement plongé dans l'univers de ce petit garçon à la bouille ronde, au drôle de surnom et aux cheveux bleus qui évolue dans un univers très édulcoré au premier abords, mais en qui n'est en réalité pas tout rose.

Si les sujets du film sont parfois durs (la perte d'un proche, la vie de ces enfants qui se retrouvent avec des cellule familiales éclatées), le film ne tombe jamais dans le drame complet, c'est avant tout un film pour enfants, il y a un côté très enfantin qui émeut et fait rire (les petits comme les grands), et un chouette message à faire passer sur la nécessité de s'entraider et sur l'idée que tout peut finir par s'arranger. J'ai souvent rigolé devant les réactions et manies de ce petit groupe d'enfants, et j'avoue même avoir été au bord des larmes à la fin (la très belle reprise de Sophie Hunger du Vent nous portera y étant sans doute pour quelque chose)...


Ma vie de Courgette est un film drôle et touchant, plein de bêtises d'enfants, de bonnes intentions et de petits personnages hauts-en-couleurs. Récompensé du Cristal du long métrage au Festival international du film d'animation d'Annecy cette année, Ma vie de Courgette a également fait fureur au Festival du Film Francophone d'Angoulême. Pour preuve, il est le premier film d'animation à se voir attribuer la plus haute récompense de l’événement : le Valois de diamant. Un joli parcours pour le long métrage qui s'annonce déjà être le film qui représentera la Suisse aux prochains Oscars. Courgette est peut-être bien parti pour faire rire et émouvoir les gens encore longtemps !



dimanche 28 août 2016

[Film] Un petit boulot de Pascal Chaumeil

1h37 - Français
Année : 2016
Date de sortie française : 31 août 2016

Avec : Romain Duris, Michel Blanc, Alice Belaïdi

Jacques habite une petite ville dont tous les habitants ont été mis sur la paille suite à un licenciement boursier. L'usine a fermé, sa copine est partie et les dettes s’accumulent. Alors quand le bookmaker mafieux du coin, lui propose de tuer sa femme, Jacques accepte volontiers... 
(Source : Allociné)

15/20

L'Arnacoeur étant une des comédies françaises que j'ai le plus appréciée ces dernières années, la perspective de retrouver Pascal Chaumeil aux commandes d'un nouveau film avec Romain Duris était plus qu'alléchante. Et le résultat est nettement à la hauteur de mes attentes !

Avec sa mise en scène dynamique, sans temps-morts, qui enchaînent les situations comiques, les répliques cinglantes et les traits d'esprits, le film invite le spectateur à se laisser porter par le rythme du récit sans voir le temps passer. L'histoire (écrite par Michel Blanc et adapté du roman du même nom de Iain Levison) n'a rien de convenue, le ton cynique souvent employé est très drôle. On oublierait presque la veine satirique du film qui tend, dans le fond, vers la critique sociale.


Au centre de l'histoire, le duo Romain Duris et Michel Blanc, interprétant respectivement un employé d'usine au chômage et le boss de la mafia locale décidant de lui confier le meurtre de sa femme, est excellent ! Roman Duris est toujours très bon dans ce genre de rôle un peu décalé et nonchalant. Accompagnés d'Alice Belaïdi (qui apporte une touche romantique très plaisante), de Gustave Kervern  ou encore d'Alex Lutz, le casting se retrouve également servi par une bande de seconds rôles tout à fait au niveau de la cocasserie et du mordant de Pascal Chaumeil.


S'il est tout de même triste de sortir d'un tel film en réalisant qu'il sera le dernier de Pascal Chaumeil et qu'on ne verra plus la folie et le dynamisme de sa mise en scène sur grand écran, on peut au moins reconnaître au réalisateur d'avoir réussi à nous proposer des comédies de qualité jusqu'au bout. De quoi profiter d'autant plus de cette ultime réalisation !



jeudi 14 juillet 2016

[Film] La Tortue rouge de Michaël Dudok De Wit

1h20 - Franco-belgo-japonais
Année : 2016
Date de sortie française : 29 juin 2016


Un naufragé s'échoue sur une île déserte peuplée d'une faune et d'une flore foisonnantes. Il bâtit un radeau pour s'échapper mais toutes ses tentatives de quitter l'île en radeau échouent, car une grande tortue rouge s'approche de lui en mer et brise sa fragile embarcation.
(Source : Wikipédia)
17/20

La Tortue rouge est une expérience entre terre et mer, un chef d'oeuvre tant visuel que sonore dont la beauté et le symbolisme ravissent autant qu'ils émeuvent. Il n'y a pas à dire, quand la poésie prend corps sur un écran de cinéma, ça fait toujours quelque chose.


Pas de paroles, pas de fioritures dans le film, que ce soit dans l'écriture du conte ou dans le visuel à la fois très épuré et pourtant d'une finesse et d'une joliesse très travaillé. Magnifiés par une palette de couleurs pastel qui sentent bon l'exotisme (des couchés de soleil orangés au bleu des vagues ou au vert des forêts de bambous), les dessins à l'aquarelle et au fusain sont nos seuls interlocuteurs. Pour comprendre l'histoire, il n'y a qu'à observer et se laisser plonger dans la magie des coups de pinceaux et crayons de Michaël Dudok De Wit, accompagnés par la sublime musique de Laurent Perez Del Mar (qui m'a émue aux larmes dans certaines scènes).



Peu de choses sont expliquées dans l'univers du film, mais on n'y accorde pas d'importance, La Tortue rouge se base essentiellement sur du fantastique qui jongle entre poésie, symbolisme et onirisme. C'est un conte, c'est magique, l'histoire ne nécessite donc pas d'explications, il suffit de laisser fonctionner l'imaginaire pour trouver des réponses aux questions que l'on pourrait se poser. De quoi retrouver son âme d'enfant la plupart du temps.



Et si l'histoire semble simple en apparence, elle renferme à la fois de nombreuses interprétations et de très belles symboliques sur la nature de l'homme, le cycle de la vie ou encore le rapport face à la nature. Des sujets très universel traités avec beaucoup de délicatesse et de pureté, faisant de la Tortue Rouge une robinsonnade adapté aux grands comme au plus petits. 



Ce premier long-métrage de Michaël Dudok De Wit est une petite perle de l'animation à découvrir absolument sur grand écran. Il faut dire que co-produit par le célèbre studio Ghibli (avec Isao Takahata - réalisateur du Tombeau des lucioles et du Conte de la Princesse Kaguya - en producteur artistique), le film avait toutes les chances d'être grandiose. Et si je m'attendais a adoré, je ne m'attendais certainement pas à être si bouleversée.






jeudi 2 juin 2016

[Film] Un homme à la hauteur de Laurent Tirard

France - 1h38
Année : 2016
Sortie en France le 4 Mai 2016
Avec : Virginie Efira, Jean Dujardin, Cédric Kahn

Diane, une avocate, fraîchement célibataire, reçoit un appel d'Alexandre, un architecte charmant qu'elle n'avait jamais rencontré, et qui va l'aider à retrouver son téléphone égaré. Lorsqu'ils se rencontrent, le rendez-vous prend un tour inattendu.
(Source : Allociné)

13/20

Les deux acteurs en tête d'affiche avaient de quoi séduire... surtout dans une comédie romantique ! Pourtant, ce film a eu sur moi l'effet d'un pétard mouillé, j'en suis ressortie très déçue, à peine amusée et encore moins touchée.

Je connais peu Laurent Tirard - ou alors, surtout pour des films qui ne m'ont pas réellement plus (Le Petit Nicolas) - pourtant, récemment, je me suis décidée à regarder Molière (plus pour Romain Duris que le réalisateur) et finalement j'ai beaucoup aimé ! La promesse d'un nouveau film du réalisateur avec deux chouettes acteurs comme Jean Dujardin et Virginie Efira me plaisait donc bien, surtout avec un synopsis si cocasse.


Mais j'ai bien vite réalisé que ce que je trouvais amusant dans le résumé du film, m'a semblé en réalité complètement grotesque sur écran. J'ai eu beaucoup de mal à trouver subtiles les effets qui rendent Jean Dujardin petit. On voit clairement lorsqu'il y a une doublure ou lorsqu'on s'est contenté de ne filmer l'acteur qu'à partir des épaules. Ça donne une impression très étrange, comme si on passait le film à voir l'acteur à travers une loupe ou une longue vue à l'envers. Du coup, lorsque le grotesque prend le dessus, dans une situation qui ne se veut absolument pas grotesque, soit on est ennuyé, soit on est gêné. Pour ma part, ce fut un peu des deux : l'aspect romance de l'histoire ne m'a donc pas du tout touché.


Reste la comédie. Alors, oui, on rigole de temps en temps (bien qu'on rigole certainement moins que les dames qui, derrière  nous dans la salle, ont passé la séance à faire des commentaires amusés et à rire à gorge déployée, à se demander si on voyait le même film), mais le film en lui-même  n'est pas drôle. Les blagues sur les gens de petites tailles sont clairement assumées, mais totalement déjà vu. Ça n'innove pas, on sourit pour la forme, on rigole devant deux, trois scènes si absurdes qu'elles ne peuvent qu'arracher un rire (le personnage de Coralie la secrétaire, joué par Stéphanie Papanian, est tellement exubérant et déluré qu'il est difficile de ne pas la trouver amusante), mais ça n'est pas allé plus loin en ce qui me concerne. Même le comique de répétition devient lourd au bout d'un moment (les scènes du chien, vraiment ?) alors que c'est un procédé que j'aime beaucoup.

Bref, vous l'aurez compris, malgré deux acteurs que j'apprécie et un synopsis qui me faisait envie, le film ne m'a pas du tout convaincue. Il a un bon fond, mais ça manquait de subtilité pour parvenir à me transporter dans cette étrange romance peu commune.


mardi 3 mai 2016

[Film] Nos souvenirs de Gus Van Sant

Américain - 1h50
Année : 2016
Sortie en France le 27 avril 2016
Avec : Ken Watanabe, Matthew McConaughey, Naomi Watts
Titre VO : The Sea of trees

Un Américain et un Japonais se rencontrent dans la "Forêt des suicides" au Japon, là où ceux qui souffrent trop pour continuer à vivre, mettent fin à leurs jours. Mais au lieu de se tuer, le duo se lance dans un voyage initiatique à travers cette forêt... 
(Source : Allociné)

16/20

Il y a quelques semaines, on m'a (quasiment) mise de force devant Last Days de Gus Van Sant, c'était ma première approche du réalisateur depuis Elephant et, si j'aime l'approche contemplative du réalisateur, j'avoue que je gardais une impression très ennuyeuse de ces deux films (Last Days n'ayant pas aidé avec sa trame vraiment très très lente).
Et puis il y a quelques jours, Nos souvenirs, le dernier long métrage de Van Sant, pointe le bout de son nez, avec au casting Matthew McConaughey, Ken Watanabe et Naomi Watts... Trois acteurs que j'aime beaucoup, un réalisateur qui malgré tout continue de m'intriguer et un synopsis qui parle de la forêt Aokigahara, la tristement célèbre forêt des suicides, l'un des lieux au Japon qui me fascine le plus. Il ne m'en a pas fallu plus pour attiser mon envie et ma curiosité !



Nos souvenirs est une histoire à deux temps, qui jongle du passé au présent pour nous reconstruire les derniers mois d'Arthur Brennan et expliquer sa présence à Aokigahara. Les souvenirs laissent place aux scènes dans la forêt, puis à d'autres souvenirs. Avec son atmosphère fantasmagorique, ses arbres tordus et ses légendes obscures, j'ai trouvé qu'Aokigahara était un lieu totalement en osmose avec la réalisation de Gus Van Sant. Ça se marie à la perfection avec le style lent et contemplatif du réalisateur, à cette aura un peu mystique qui englobe les longs silences dont il sait si bien ponctuer ses films.



Le film possède de nombreuses longueurs mais qui s'accueillent plaisamment plus qu'elles ne se subissent. Des plans de la forêt dans la brume ou du soleil qui joue dans le feuillage des arbres en passant par les dialogues (parfois silencieux) qui prennent leur temps, rien ne m'a ennuyé dans Nos souvenirs. Au contraire, on se laisse saisir par le calme, l'élégance et la poésie de l'histoire, par les nombreuses symboliques qui se recoupent, donnant à la trame des allures de conte initiatique ou de cheminement existentiel sur fond de rédemption.



Certains reprocheront sans doute à Gus Van Sant d'être tombé dans la facilité avec un cheminement parfois trop évidement et un côté allégorique poussé à l'extrême, pour ma part, je n'ai eu aucun mal à me plonger dans les souvenirs d'Arthur Brennan ou à me perdre à ses côtés dans Aokigahara (et il faut dire qu'il est difficile de ne pas se laisser embarquer par un personnage interprété par Matthew McConaughey, c'est un acteur qui dégage énormément et qu'il est fascinant de voir jouer). En tout cas, Nos souvenirs est le film qui me réconcilie avec le réalisateur (Peut-être pour l'avoir trouvé plus acceccible ? Peut-être pour Aokigahara ? Peut-être parce que je suis une inconditionnelle des quêtes existentielles pleines de symboliques ?) et qui me donne envie d'aller découvrir d'autres de ces films le plus rapidement possible.



mardi 29 mars 2016

[Film] Zootopie de Byron Howard

Américain - 1h48
Année : 2016
Sortie en France le 17 février 2016
Avec : Ginnifer Goodwin, Jason Bateman, Idris Elba

Titre Vo : Zootopia

Zootopia est une ville qui ne ressemble à aucune autre : seuls les animaux y habitent ! On y trouve des quartiers résidentiels élégants comme le très chic Sahara Square, et d’autres moins hospitaliers comme le glacial Tundratown. Dans cette incroyable métropole, chaque espèce animale cohabite avec les autres. Qu’on soit un immense éléphant ou une minuscule souris, tout le monde a sa place à Zootopia !Lorsque Judy Hopps fait son entrée dans la police, elle découvre qu’il est bien difficile de s’imposer chez les gros durs en uniforme, surtout quand on est une adorable lapine. Bien décidée à faire ses preuves, Judy s’attaque à une épineuse affaire, même si cela l’oblige à faire équipe avec Nick Wilde, un renard à la langue bien pendue et véritable virtuose de l’arnaque …
(Source : Allociné)

14/20



Autant le dire directement : Zootopie est l'une de mes plus grandes déceptions côté animation sur ces derniers mois. Lorsque je n'attends rien d'un film et que je me retrouve devant un divertissement correct, ok, ça passe encore. Mais pour un film qu'on a vanté comme étant l'un des meilleurs films d'animation récents... sérieusement ? Comment voulez-vous ne pas être déçue !

Je m'emporte peut-être un peu vite, car le film reste ce qu'il est : un Disney, et donc un film divertissant et qui a, en plus, le mérite d'être très beau visuellement. Les décors, les couleurs, les frimousses des animaux, il n'y a pas à dire l'univers est beau et mignon. Mais c'est sans doute ce qui m'a posé problème : c'est très mignon, mais ça ne va pas plus loin.


Zootopie est ce que j'appelle un film à scénario creux. C'est à dire, un film avec une histoire qui semble bien construite, mais qui ne repose que sur des clichés, des facilités et du vide. Pas de réelles prises de risque, on ne sort pas des sentiers battus, c'est du Disney tout craché, on reste dans ce que le studio sait faire de mieux. Pourtant, même en restant dans un esprit très Disney (que j'adore normalement), j'ai trouvé le film bien fade. Si  certains messages font mouche (je suis une fille, je ne peux qu'encourager l'idée de mettre en avant des personnages féminins qui dépassent leurs limites et les préjugés), ceux sur la tolérance, la différence sont bancales, je n'ai pas toujours trouvé les analogies humains/animaux, faibles/forts, persécutés/persécuteur très subtiles.


Et surtout, j'allais voir Zootopie pour rigoler. Je dois être franchement insensible à l'humour animal parce que s'il m'est arrivé de sourire parfois ou d'être amusée de temps à autres, je n'ai pas rigolé de toute la séance. Encore une fois, le film tombe dans la facilité et nous propose un humour très jeune enfant, dans lequel on ne se retrouve pas forcément plus grand. C'est dommage, surtout que les studios d'animation ont largement prouvé qu'ils étaient capables de faire des films avec des situations et de l'humour compréhensibles à plusieurs niveaux pour que, enfants comme adultes, chacun y trouve son compte. Le plus drôle du film étant les scènes avec les paresseux, qu'on avait déjà vu douze millions de fois dans les bande-annonces, niveau humour, on repassera.

Si d'un côté, je n'ai pas envie de saquer le film car il reste plaisant à regarder, de l'autre, on est bien loin d'un Vice-versa (dernier film de Disney m'ayant vraiment beaucoup plu) ou d'un Raiponce (du même réalisateur). Bref, quelle déception de ne vraiment pas être tombée sur le super film d'animation dont on m'avait parlé.


mardi 1 mars 2016

[Challenge] Récapitulatif du Ciné Challenge Seriebox 2015

L'année 2015 est terminée depuis deux bons mois et j'avoue avoir un peu zappé les Challenges annuels (que ce soit pour les films ou les livres d'ailleurs) auxquels je m'étais inscrite. Pourtant, j'ai validé certains des objectifs fixés !
Avec seulement 94 films vus sur les 100 demandés, je n'ai pas validé le Ciné Challenge Seriebox 2015, par contre, le Mini-Challenge Horreur 2015 est enfin complet avec 50/50 films vus avant la fin de l'année dernière. Voilà ce que j'avais pensé des quatre films qu'il me restait à voir.



Martyrs de Pascal Laugier
Français - 1h42 | Sortie en France le 3 septembre 2008
Avec : Morjana Alaoui, Mylène Jampanoï, Catherine Bégin

France, début des années 70. Lucie, une petite fille de dix ans, disparue quelques mois plus tôt, est retrouvée errant sur la route. Son corps maltraité ne porte aucune trace d'agression sexuelle. Les raisons de son enlèvement restent mystérieuses. Traumatisée, mutique, elle est placée dans un hôpital où elle se lie d'amitié avec Anna, une fille de son âge. 15 ans plus tard. On sonne à la porte d'une famille ordinaire. Le père ouvre et se retrouve face à Lucie, armée d'un fusil de chasse. Persuadée d'avoir retrouvé ses bourreaux, elle tire.

15/20

Martyrs prouve une fois de plus que les français sont quand même plutôt doués dans le genre horrifique. Le film n'épargne pas le spectateur, durant une heure et quarante minutes, on se mange constamment de la violence en pleine tête. C'est dérangeant et malsain, mais ce n'est pas gratuit, on sent qu'il y a une réelle volonté d'amener une réflexion... même si celle-ci est un peu bancale. 
Le film se découpe en deux parties, la première plus horrifique que l'autre qui explique et donne surtout des réponses (tout en restant dans un contexte rempli de malsain et de violence avec des images vraiment éprouvantes). J'ai d'ailleurs plus apprécié la première partie qui m'a énormément frappée, plutôt que la fin et ses explications qui ne m'ont pas tout à fait satisfaite, même si l'idée est intéressante.
Les deux actrices principales sont très convaincantes, leur façon de jouer amène le spectateur à s'immerger très facilement dans l'histoire et à réellement ressentir la terreur telle que leurs personnages la ressentent.



Oculus de Mike Flanagan
Américain - 1h45 | Sortie aux USA le 11 avril 2014
Avec : Karen Gillan, Brenton Thwaites, Rory Cochrane

Une femme essaie de disculper son frère, accusé de meurtre, en prouvant que le crime a été commis par un phénomène paranormal.

14/20

Un film d'horreur pour le moins étrange. On met un moment à comprendre où on essaye de nous amener, mais une fois que les choses prennent du sens, on est captivé par le scénario minutieusement ficelé. C'est affreusement alambiqué et l'idée est bien trouvée. 
J'ai bien aimé l'aspect huis-clos de l'histoire, le gros du scénario se déroulant en effet dans la maison des protagonistes. Le mélange des temps (passé et présent) est parfois compliqué à suivre mais ça reste un aspect du film que j'ai bien aimé ; il est intéressant de pouvoir suivre les deux histoires à la fois (comment les personnages en sont arrivés là, et ce qui en découle aujourd'hui et motive leurs actions).



Apparences de Robert Zemeckis
Américain - 2h05 | Sortie en France le 13 septembre 2000
Avec : Harrison Ford, Michel Pfeiffer, Joe Morton

Norman Spencer et sa femme Claire semblent former le couple idéal. Mais lorsque Claire commence à avoir des visions leur paisible vie prend une toute autre tournure. Un nouveau voisin étrange et les souvenirs d'un accident de voiture font ressurgir le spectre d'un passé dérangeant. Le couple survivra-t-il à cette épreuve ? 

14/20


Un thriller fantastique plus qu'un film d'horreur à mon sens, mais le suspense reste bien mené. Je regrette juste la fin trop attendue, on le sent venir à des kilomètres.


Morse de Tomas Alfredson
Suédois - 1h54 | Sortie en France le 4 février 2009
Avec : Kare Hedebrant, Lina Leandersson, Per Ragnar

Oskar est un adolescent fragile et marginal, totalement livré à lui-même et martyrisé par les garçons de sa classe. Quand Eli s'installe avec son père sur le même pallier que lui, Oskar trouve enfin quelqu'un avec qui se lier d'amitié. 

15/20

J'ai vu le remake américain Laisse-moi entrer de Matt Reeves deux ou trois fois, je connaissais donc l'histoire et j'avais un peu peur de m'ennuyer devant l'absence de surprise d'un scénario qui ne m'était plus inconnu. Mes craintes ont vite été effacées dès les premières minutes du film.
Je ne sais pas si c'est l'effet "film nordique" mais j'ai trouvé l'ambiance bien plus sombre et par conséquent, bien plus en adéquation avec l'histoire. Une histoire de vampire, avec de la vraie violence et de la vraie hémoglobine. Ce respect du mythe originel m'a beaucoup plu, la créature retrouve son aspect horrifique... et ce, même si elle est incarnée par une enfant. Les deux jeunes acteurs interprétant Eli et Oskar sont d'ailleurs excellents. J'ai adoré le lien très fort qui se crée entre eux.


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Je ne regrette pas d'avoir découverts ces quatre films, que j'aurais sans doute mis bien plus de temps à regarder s'il n'y avait pas eu le challenge pour m'y pousser. En tout cas, ça me donne envie de retenter pour 2016 !




lundi 29 février 2016

[Actualité] Nuit de la 88e Cérémonie des Oscars 2016

La 88e Cérémonie des Oscars a eu lieu hier soir aux USA et dans la nuit de dimanche à lundi pour nous en France (décalage horaire oblige). Il aura fallu passer une nuit blanche pour pouvoir la regarder en direct, mais une nuit blanche qui en valait certainement la peine !


Beaucoup des films en lice m'avaient plu cette année et j'ai été ravie de voir les récompenses dispersées entre plusieurs films plutôt que concentrées sur un seul comme ça avait pu être le cas l'an dernier avec Birdman d'Inarritu. 
Pas moins de 6 Oscars pour le
 reboot et quatrième opus
de la saga de George Miller
Malgré l'humour de Chris Rock, le Maître de Cérémonie, la soirée a eu une forte dimension politique (portée par la polémique sur le manque de diversité des nominés aux Oscars). Du racisme, au réchauffement climatique en passant par la pédophilie et les agressions sexuelles, les discours engagés furent au rendez-vous et se reflètent d'ailleurs dans le palmarès. Que ce soit Spotlight de Thomas McCarthy (traitant, on vous le rappelle, du scandale des affaires de pédophilie impliquant l'Église) récompensé du Meilleur scénario originale et (avec surprise) du très attendu Oscar du Meilleur Film, Mad Max : Fury Road de George Miller qui repart avec 6 Oscars techniques (décors, costumes, montage son, mixage son, maquillages et costumes, montage) dont l'histoire et son futur post-apocalyptique rappellent ce que les hommes pourraient faire de la planète, ou encore Léonardo DiCaprio, ENFIN sacré de l'Oscar du Meilleur Acteur pour son rôle dans The Revenant d'Alejando G. Inarritu (remportant quant à lui le Meilleur Réalisateur !), qui n'oublie pas de consacrer une partie de son discours à la nécessité de prendre soin de notre monde et de son écologie, les acteurs et films nominés ce soir avaient tous des messages à faire passer.

« Let us not take this planet for granted ; I do not take tonight for granted. »
Pour le reste du palmarès, Brie Larson remporte l'Oscar de la Meilleure Actrice pour son rôle de mère dans Room de Lenny Abrahamson (dans lequel on retrouve aussi le jeune Jacob Tremblay, qui aurait vraiment mérité une nomination tant il est excellent dans le film), Alicia Vikander gagne le Meilleur second rôle féminin pour The Danish Girl de Tom Hooper (où elle est fantastique aux côtés d'Eddie Redmayne, même si je dois avouer la trouver fantastique dans chacun de ses films), Mark Rylance se voit attribuer le Meilleur second rôle masculin dans Le Pont des Espions de Spielberg (un choix qui me déçoit un peu, je trouve l'acteur bon dans son rôle, mais trop peu présent pour mériter un Oscar, j'aurais préféré voir récompensé Mark Ruffalo pour son rôle plein d'enthousiasme dans Spotlight).
Côté film, Vice-Versa de Pete Docter et Ronaldo Del Carmen remporte l'Oscar du Meilleur Film d'animation (victoire trop attendue, même si j'adore ce long-métrage, les films d'animation en lice cette année étaient très bons, j'aurais aimé voire autre chose qu'un Pixar sacré d'un Oscar), The Big Short d'Adam McKay gagne le Meilleur scénario adapté (chose qui me passe un poil au-dessus de la tête vu que je n'ai vraiment pas aimé ce film et son sujet) et Mustang de Deniz Gamze Ergüven repart bredouille au profit du Fils de Saul de Laszlo Nemes (qu'il faut vraiment que je voie !) qui gagne la récompense du Meilleur film étranger.

Le casting de Spotlight, Oscar du Meilleur Film 2016
À noter que l'Oscar de la Meilleur Photographie est allé à Emmanuel Lubezki pour son travail dans The Revenant, chose tout à fait méritée vu la qualité des images présentes dans le film, et qu'Ex-Machina d'Alex Garland ne repart pas sans rien puisque l'Oscar des meilleurs effets visuels lui est attribué.

L'Ours de The Revenant s'invite aussi à la Cérémonie
En bref, beaucoup d'Oscars mérités cette année, du surprenant (Spotlight), de l'attendu depuis longtemps (DiCaprio), un retour de force (Mad Max), des parodies de films très amusantes, beaucoup d'ironie sur le racisme (pour essayer de faire passer la pilule plus facilement) et de messages sur l'avenir de notre planète, la présence de l'ours de The Revenant dans la salle, et une très belle standing ovation pour Ennio Morricone qui, à 87 ans, se voit enfin récompensé d'une statuette pour sa musique dans Les huits Salopards de Quentin Tarantino.

Si l'avenir de notre monde est loin d'être brillant, on peut au moins se rassurer, celui du cinéma a encore de beau jour devant lui !




samedi 27 février 2016

[Actualité] Un œil du côté des Césars 2016

Depuis trois ans, c'est devenu une sorte de jeu : attendre la Cérémonie des Césars, la regarder, râler devant, trouver certaines parodies ridicules, d'autres extrêmement drôles, rigoler, être touchée, être contente de certaines victoires, déçue par d'autres, découvrir des films, des acteurs... bref, vous avez saisi l'idée. 

Cette année, les Césars se déroulaient le 26 février et, bien sûr, cette 41e Cérémonie ne dérogeait pas à la règle, et grosso modo, fut également un condensé d'un peu tout ça. Il faut dire que les Césars ne sont plus aussi formels qu'avant, la soirée est bien foutue et assez dynamique, surtout avec Florence Foresti, assez rigolote, en maîtresse de Cérémonie. Cependant, et globalement, je dois avouer être plus déçue que satisfaite des résultats finaux. 

Foresti, au top en Maîtresse de cérémonie déjantée
Pour pouvoir me faire une idée (et râler ou être satisfaite en bonne et due forme), j'avais vu la plupart des films en compétition avant, j'avais donc déjà mes films favoris et ceux pour lesquels mon avis était plus mitigé. 
Arnaud Desplechin
J'ai été très contente de voir Rod Paradot (très bouleversant dans son discours de remerciement) récompensé par le César du Meilleur espoir masculin pour son rôle dans La Tête Haute. Il y livre une chouette prestation, sous la direction d'Emmanuelle Bercot, également nominée ce soir-là pour la récompense de la Meilleur actrice dans Mon Roi. Le film de Maïwenn faisait d'ailleurs parti de mes favoris, tout comme Trois souvenirs de ma jeunesse d'Arnaud Desplechin, qui repart avec le César du Meilleur réalisateur, Mustang de Deniz Gamze Ergüven qui finit, entre autres, lauréat des Césars du Meilleur premier film et Meilleur scénario original, et Nous trois ou rien de Kheiron, nominé une fois seulement, et qui repart sans récompense.
Si je suis très contente de voir Mustang et Arnaud Desplechin récompensés, je suis assez déçue pour la quasi absence du film de Kheiron parmi les nominés (ce film m'avait fait vibrer), ainsi que pour les acteurs de Mon Roi (Vincent Cassel et Emmanuelle Bercot, percutant tous les deux dans leur rôle) qui repartent finalement bredouille, tout comme les deux jeunes acteurs, que j'ai découvert dans Trois souvenirs de ma jeunesse, Lou Roy-Lecollinet et Quentin Dolmaire dont je suis complètement tombée sous le charme dans le film.

Rod Paradot - Meilleur espoir masculin
Pour le reste des acteurs lauréats, Vincent Lindon finit Meilleur acteur pour La Loi du Marché de Stéphane Brizé, Catherine Frot gagne la Meilleur actrice pour Marguerite de Xavier Giannoli, Benoit Magimel remporte le Meilleur second rôle masculin pour La Tête haute d'Emmanuelle Bercot, Sidse Babett Knudsen se voit attribuer le Meilleur second rôle féminin pour L'Hermine de Christian Vincent et le Meilleur espoir féminin va à Zita Hanrot pour son rôle dans Fatima de Philippe Faucon.

Meilleur film
Du côté des films, on en vient d'ailleurs à Fatima, sacré des Césars de la Meilleure adaptation et du Meilleur film, l'une des récompenses les plus attendues, et celle qui me déçoit le plus. J'avais vu le film un peu avant, et, me concernant, c'est l'un des films qui m'a fait le moins forte impression parmi tous ceux en lice. Si je ne lui enlève pas sa volonté de faire passer un message important, je trouve son scénario un peu trop lisse, sans réelle prise de risque.
Pour l'animation, j'ai été ravie de voir Le Repas dominical de Céline Devaux récompensé en tant que court-métrage (avec la merveilleuse voix de Vincent Macaigne en narrateur) et Le Petit Prince de Mark Osborne sortir vainqueur pour les long-métrages.
À noter également que Birdman d'Inarritu rafle le César du Meilleur film étranger, ce qui rajoute une récompense de plus au déjà long palmarès du film.

Meilleur premier film
Ce qu'on peut retenir de cette soirée ? Globalement, les films engagés plaisent, le palmarès est très hétérogène concernant les films récompensés (des Césars par ci, par là, mais avec peu de films dépassant les 4 récompenses, on est loin du carton fait par Tumbuktu l'an passé), la version filles de la série Bloqués fonctionne très bien, Michael Douglas a la classe, le discours de Rod Paradot a du faire fondre les plus endurcis et l'humilité de certains acteurs comme Benoît Magimel impose clairement le respect.

Il ne reste désormais plus qu'à attendre les Oscars (dans la nuit de dimanche à lundi) pour voir si Inarritu peut également faire un carton avec son nouveau film The Revenant ou savoir si Mustang, représentant de la France dans la catégorie Meilleur film étranger, finira ou non lauréat.
 En espérant être un peu moins déçues des résultats cette fois !